Tom Hanks : "Je suis un optimiste!"

06 Juillet 2011


Rencontre avec l’un des comédiens et réalisateurs les plus célèbres au monde, qui a écrit un rôle sur mesure à Julia Roberts dans « Il n’est jamais trop tard ».

Quand tant de stars assurent leur promo du bout des lèvres, Tom Hanks, lui, met du cœur à l’ouvrage : il parle fort et clair, et déploie des trésors d’énergie pour défendre « Il n’est jamais trop tard ». Quinze ans après « That Thing You Do », l’acteur est repassé derrière la caméra et a offert à sa grande copine Julia Roberts l’occasion de jouer à la maîtresse…

Avec « Il n’est jamais trop tard », vous vouliez raconter l’histoire d’un nouveau départ...
C’est un film sur le courage qu’il faut pour se réinventer. Larry Crowne, un type qui a toujours tout bien fait, perd son boulot, sa maison, mais il a suffisamment la foi pour se dire : « Je vais faire des études et ça va changer ma vie… » Ce qui importe, c’est le message anticynisme.

Partagez-vous l’optimisme du film?
Si j’ai un point commun avec mon personnage, c’est ça, oui. Je me lève le matin en me demandant comment tirer le meilleur de la journée. Je rends ma famille cinglée! Cela étant, je ne suis pas sûr que je me porterais volontaire pour affronter la gêne d’un premier jour à l’école à mon âge…

Vous êtes-vous inspiré de vos souvenirs d’étudiant?
Je n’ai pas eu d’autre choix que d’aller, moi aussi, au community college (NDLR : université publique et bon marché proposant des cycles de deux ans). A l’époque, c’était gratuit, à part les 15 $ d’inscription. J’ai donc partagé des cours avec des gens beaucoup plus âgés, des vétérans du Viêt Nam, des mères au foyer qui voulaient changer de vie… Il y a six ans, j’en ai parlé à ma coscénariste, Nia Vardalos : « Imaginons que je doive reprendre mes études et que l’un de mes profs soit Julia Roberts… »

Le rôle de la prof a-t-il été écrit pour elle?
Oui, je voulais une partenaire qui jouisse à la fois du même statut que moi à Hollywood et de la présence intimidante de Julia. Elle est impressionnante, vous savez! Si vous l’avez comme professeure, vous aurez peur, et vous serez attiré à la fois, bref vous ne sécherez pas les cours. On avait fait un film ensemble, « la Guerre selon Charlie Wilson », sur lequel on avait beaucoup ri, donc elle savait que je n’étais pas un crétin et qu’elle pouvait avoir confiance.

Sans être cynique, l’idée d’un deuxième souffle généré par le chômage et la crise peut sembler un peu guillerette, non?
Je peux déjà vous garantir qu’« Il n’est jamais trop tard » me vaudra les pires critiques de ma carrière! Sur ce genre de sujets, on imagine plutôt des films déprimants, avec des familles expulsées sous la pluie, sauf que vous me voyez, moi, faire un édito pour dire que tout va mal? A l’arrivée, je serai toujours ce type qui gagne des millions et vit dans une grande maison… Mon job, en tant que raconteur d’histoires, c’est de montrer une situation possible, sincère, tout en restant divertissant — pour qu’on n’ait pas l’impression d’avoir perdu son temps ou son argent — et un peu instructif — hey, j’ai 48 ans et rien à faire, si je retournais en classe?

Pourriez-vous, vous aussi, repartir de zéro?
Non, j’aime l’endroit où j’ai atterri! Mais si je devais suivre des cours, j’apprendrais la menuiserie, parce que je suis incapable de planter un clou, et la littérature, pour lire les grands livres trop intimidants. Ou le grec. Voilà, je deviendrais un menuisier grec.

A 55 ans, qu’est-ce qui vous fait vous sentir jeune? Ou vieux?
Je ne me sens pas vieux, je me sens comme à 24 ans, si ce n’est que j’ai dû faire arranger mes dents et que j’ai bien une ou deux douleurs par-ci, par-là. Ma génération a de la chance ; on se nourrit mieux que nos parents, on fume et on boit moins, on fait de l’exercice… Contrairement à certaines rock stars vieillissantes, je n’en suis pas à vivre en baskets parce que j’ai mal aux pieds!

Par Marie Sauvion

Source : Le Parisien