"Changer de vie ? Les acteurs font ça tous les six mois"

06 Juillet 2011


Tom Hanks n'en est pas à son coup d'essai. La star a réalisé son premier long métrage en 1996 (That Thing You Do !), comédie familiale sur un groupe de rock'n'roll dans les années 60, et a aussi tenu la caméra d'un épisode de la série de guerre Frères d'armes. Changement radical de ton avec Il n'est jamais trop tard.

Comment l'histoire est-elle née ?
C'est un peu comme si un déclic s'était produit, il y a six ans. Et si je racontais l'histoire d'un type qui revient à l'école ? Il a une cinquantaine d'années et sa prof ressemblerait à Julia Roberts. Quand j'étais au Community college (un établissement universitaire de premier cycle) comme mon personnage Larry, j'ai vu des gens qui avaient trois fois mon âge. J'ai eu cette expérience de fac pour adultes, avec des seniors ou des hommes d'affaires à la retraite. J'ai connu ces premiers jours de classe où tout le monde est nerveux, comme le sont les jeunes au lycée. Je me suis souvenu de ça : ça ferait un cadre parfait pour des personnages de cinéma.

Qu'avez-vous souhaité montrer ?
C'est surtout un combat contre le cynisme. Le système laisse tomber Larry, mais le défi auquel il doit faire face est de ne pas tomber dans le cynisme. Larry est quelqu'un d'optimiste. Ça n'est pas comme s'il avait tout planifié : "je vais faire ceci, puis cela"... Il a juste foi en lui-même.

Pour quel type d'études retourneriez-vous à l'université ?
J'apprendrais un métier ou du moins des compétences que je pourrais utiliser jusqu'à la fin de mes jours et qui seraient utiles. Sans doute kinésithérapeute. Tout le monde a besoin d'un bon massage. Et pas besoin de réclamer cinquante euros à tous ceux qui se sentent mal et en ont besoin... Plus sérieusement, ce serait quelque chose qui permette aux gens de se sentir mieux.

Pourquoi avoir réalisé le film vous-même ?
C'est devenu un projet très personnel. Avant que le scénario ne soit finalisé, j'ai rencontré plusieurs réalisateurs de premier plan. Mais ils ne voulaient pas spécialement se lancer dans un projet venant d'un acteur et dans lequel ce dernier jouerait. Ils ne voulaient pas être sous surveillance.
Finalement, on n'est jamais si bien servi que par soi-même. Je n'avais pas envie de faire des compromis avec mes personnages, que quelqu'un me dise ce qui doit leur arriver. En jouant Larry, et si un autre réalisateur avait été derrière la caméra, j'aurais passé mon temps à côté de lui, j'aurais discuté des plans etc.

Julia Roberts était-elle votre premier choix ?
C'est le personnage de l'enseignante tel que je l'imaginais. Nous avions travaillé ensemble sur La Guerre selon Charlie Wilson (de Mike Nichols). Nous étions proches. Et imaginez que vous perdiez votre emploi, que vous retourniez en fac et que votre prof soit Julia Roberts ! Devinez ce qui peut arriver...

Quand vous est venue l'envie de devenir acteur ?
J'ai toujours aimé parler haut et fort, et j'ai toujours aimé attirer l'attention des autres. Quand j'avais 15 ou 16 ans, au lycée, je n'arrivais pas à trouver ma place. J'ai fait du théâtre avec plusieurs de mes amis. En plus, c'était une option qui pouvait rapporter des points... J'y ai pris beaucoup de plaisir. C'était tellement mieux que les sciences physiques.

L'envie de changer de vie, comme votre personnage...
Les acteurs font ça toute leur vie. Vous changez de vie tous les six mois, vous allez de New York à Los Angeles. Les acteurs ont des vies de gitans... Un jour, j'ai signé pour un show télévisé de deux ans, mais ça a été annulé en cours de route. Il a fallu faire des valises. J'ai travaillé quinze ans sans avoir de points d'attaches précis.

Votre prochain film ?
Ce sera Cloud Atlas, réalisé par Tom Tykwer (Le Parfum) et les Wachowski (Matrix ). À l'origine, c'est vraiment un grand livre (un roman complexe de David Mitchell relatant six histoires à six périodes différentes).

Source : La Voix du Nord