L'apocalypse selon Spielberg et Tom Hanks

14 Août 2011


France 2 diffuse Band of Brothers, l'enfer du Pacifique, une minisérie de dix épisodes produite par Tom Hanks et Steven Spielberg. Un saut de 1942 à 1945, dans l'horreur de la guerre entre le Japon et les États-Unis.

Huit ans après Band of Brothers, frères d'armes, qui relatait les opérations alliées en Europe durant la Seconde Guerre mondiale, Steven Spielberg et Tom Hanks se tournent vers le Pacifique. Le 8 décembre 1941, au lendemain de la destruction d'une grande partie de la flotte américaine à Pearl Harbor, les États-Unis avaient déclaré la guerre au Japon. « Nous voulions rendre hommage aux combattants du Pacifique et poursuivre le récit de la Seconde Guerre mondiale, engagé avec Band of Brothers, raconte Tom Hanks. Nous nous sommes concentrés sur l'histoire réelle de trois Marines : John Basilone, Eugene Sledge, auteur d'un des meilleurs récits sur la guerre, et Robert Leckie, à qui l'on doit également un livre sur le sujet. »

Avec un budget de 150 millions de dollars, les producteurs n'ont pas lésiné sur les moyens pour tenter de rendre compte du chaos qui régna sur les îles du Pacifique pendant cinq ans. Certaines scènes contiennent jusqu'à 70 explosions pour une prise. « Les gens ne peuvent avoir aucune idée du bruit atroce des explosions et des tirs d'armes qui nous entouraient quand nous avons débarqué sur l'île de Peleliu, a témoigné Eugene Sledge. De loin, on voyait à peine le rivage, sous la fumée. J'étais épouvanté et j'avais le cœur au bord des lèvres. »

On découvre la prise de conscience terrifiée des Américains, qui réalisent que la reddition n'existe pas pour les soldats japonais, qui préfèrent mourir pour tuer leur ennemi par tous les moyens. Peu à peu, la guerre ne se résume plus qu'à une annihilation totale et méthodique de l'ennemi. Fort heureusement, le scénario s'attache plus à l'intimité des soldats que dans Frères d'armes. Certaines scènes s'éloignent aussi du front, pour permettre au téléspectateur de respirer. La série se termine en 1945, après le bombardement nucléaire d'Hiroshima et de Nagasaki. Les auteurs ne précisent cependant pas que Sledge, comme nombre de ses camarades survivants, mit des années à se remettre des images apocalyptiques des combats...

A savoir
À cause de la pluie, de la boue, du sable et des brûlures subis pendant les 10 mois de tournage en Australie, les acteurs eurent besoin de 3 000 uniformes, soit 20 000 m2 de tissu, fabriqués sur de vieilles machines à tisser pour respecter l'aspect du textile des années 40.  

Par Gilles Boussaingault

Source : Le Figaro