Il n'est jamais trop tard : interview Tom Hanks

05 Juillet 2011


Tom Hanks est cette semaine à l'affiche en compagnie de Julia Roberts de la comédie un peu romantique Il n'est jamais trop tard, qu'il réalise également. Un long métrage résolument optimiste qui lui a pris deux ans de son temps. Le comédien était il y a quelques semaines de passage à Paris pour rencontrer la presse française. Excessif n'a pas raté ce rendez-vous avec l'un des plus grands acteurs américains du moment.

Il n'est jamais trop tard est un film assez fataliste mais surtout d'un grand optimisme.
Nous vivons dans un monde qui n'est facile à vivre tous les jours, mais nous trouvons toujours quelque part en nous le courage d'avancer. Nous voulions faire un film qui disait que quoique nous fassions ça fonctionne à tous les coups, nous voulions démontrer qu'il y a toujours une solution à nos problèmes, il y a des actions que nous pouvons mener, des risques que nous pouvons prendre, tout un tas de solutions qui vous permettent de surmonter les difficultés. J'aime beaucoup le titre français film, Il n'est jamais trop tard, Larry Crowne en anglais. Les changements que va devoir affronter Larry après avoir perdu son travail, comme perdre sa maison, vont le pousser à aller de l'avant. D'accord, il n'a plus rien à perdre dans sa vie, mais s'il reprend ses études, suit des cours alors peut-être que quelque chose va lui arriver, qu'il va apprendre des choses, qu'il va rencontrer quelqu'un. C'est la façon dont le monde doit fonctionner même si c'est un monde cynique.

C'était important de faire ce film, un vrai film positif en ces périodes troublées, dans ce monde en crise ?
Ce n'est franchement pas un film pessimiste... J'aurais peut-être dis ça avant mais la vérité sur ce film, c'est qu'à sa fin, Larry Crowne est dans une bien meilleure position que quand le film commence. Bien entendu, il gagne moins d'argent, il a laissé sa maison pour vivre dans un petit appartement, il n'a plus assez d'argent pour mettre du carburant dans sa voiture, il conduit un vieux scooter... Mais toutes ces contraintes cumulées lui procurent finalement une meilleure vie qu'auparavant. Mais il faut avoir la foi, comme Larry dans le film, se dire que même si rien ne sera comme avant, on réussira, on vaincra... Et oui je suis d'accord quand vous dites qu'on part d'un point fataliste pour aller vers l'optimisme.

Honnêtement, vous avez voulu faire ce film uniquement pour tourner avec Julia Roberts ?
Vous savez je ne suis pas idiot ! Imaginez-vous quelques années auparavant, vous vous demandez : « Et si j'allais à l'université et Julia Roberts était ma professeur ? Qu'est-ce qui se passerait alors ?»... C'est quelque chose d'intéressant à tourner. J'ai eu la chance de travailler avec elle dans le passé, elle avait assez confiance en moi pour faire ce film. Sincèrement, vous auriez manqué un cours avec Julia Roberts ? Seriez-vous heureux d'être dans cette classe ? Ne feriez-vous pas tout afin d'obtenir la meilleure note pour impressionner une prof comme elle ? La réponse est oui à toutes les questions.

Il n'est jamais trop tard est un film sur le changement et comment réussir à parvenir à ce changement. Vous sentez vous parfois comme le héros du film Larry Crowne ?
Bien entendu. On peut tous s'identifier à lui. Il y a des jours où vous ne savez vraiment pas comment vous en sortir, vous êtes fatigués, prêt à tout laisser tomber, à vous laisser aller à cet espèce de cynisme ambiant. C'est très facile de tout laisser tomber espérant qu'un jour quelque chose de bien va arriver et vous donnera les moyens d'avancer. J'ai 55 ans et je me sens un peu comme ça cinq à six fois par an alors qu'il suffit de se dire ce qu'on pourrait faire pour progresser.

Depuis quelques années, vous êtes plus rare au cinéma, est-ce parce que vous voulez laisser plus de part à vos activités de productions ou de réalisateur ?
C'est vrai, je crois que la dernière fois que j'ai été dans un film c'était Anges et démons. Le fait est que Il n'est jamais trop tard a mis beaucoup de temps à se faire et je n'en ai pas eu à consacrer à un autre film. Mais depuis la fin du tournage, j'ai joué dans Extremely Loud and Incredibily Close de Stephen Daldry avec Sandra Bullock, il y a aussi le projet des Wachowski et Tom Tikwer, Cloud Atlas. Je n'ai pas décidé de mettre entre parenthèses mon métier d'acteur, c'est juste que quand le projet Il n'est jamais trop tard est arrivé, je m'y suis consacré entièrement. C'est un film dans lequel je suis beaucoup impliqué, l'écriture, la réalisation, la comédie... ça a pris deux ans de mon temps.

A ce stade de votre carrière riche de plusieurs films, plusieurs récompenses, qu'est-ce qui vous motive encore et encore ?
Cela fait un moment pour les récompenses... Je suis devenu un acteur parce que c'est quand même bien d'être payé pour donner du plaisir. J'aime être impliqué, raconter des histoires. Je ne peux pas imaginer vivre sans, poursuivre d'une autre manière. Je ne pourrais pas passer mes journées à jouer au golf par exemple. Je suis un acteur et je le serai jusqu'au jour de ma mort. Tant que l'on me fera des propositions qui m'exciteront, je les accepterai, je continuerai. Je ne tournerai jamais le dos à ce qui me fait envie depuis l'âge de six ans et qui est mon métier depuis l'âge de 20 ans. Je suis un homme chanceux, je ne laisserai pas tomber. Vous n'en avez pas terminé avec moi !

Par Olivier Corriez

Source : Excessif