Tom Hanks : "La Belgique ? Un pays extraordinaire"

10 Juillet 2011


Quinze ans après " That thing you do ! ", Tom Hanks a retrouvé le fauteuil de réalisateur pour " Larry Crowne ", comédie légère sur des problèmes de société qui le sont moins. A cette occasion, il nous parle de la vie, qui continue de l'émerveiller.

Votre vie est bien différente de votre personnage, un employé de supermarché qui perd son emploi. Qu'est-ce qui vous a poussé à revenir derrière la caméra ?
O.K., je suis riche et célèbre, mais je suis avant tout un acteur. Je ne suis pas un professeur d'Harvard à la recherche du Saint Graal. (Rires.) Je suis attiré par la nature humaine, et le personnage de Larry Crowne m'intriguait. J'aime coller au réel. Ce qui m'a fortement intéressé était de surprendre en suivant la romance d'un couple plus âgé dans une comédie romantique différente de ce que l'on voit habituellement au cinéma. 

Quel genre d'amie est Julia Roberts, dont vous tombez amoureux à l'écran ?
Nous nous sommes rencontrés il y a longtemps, mais nous n'avons vraiment fait connaissance que sur le tournage de " La guerre selon Charlie Wilson ". Nous rions des mêmes choses, nous avons plus ou moins les mêmes priorités professionnelles et familiales. Julia est gentille et douce, et je pense que nous avons ces qualités en commun. Travailler avec elle est aussi naturel que bavarder avec une amie. Il n'y a rien de mieux que de faire un job sérieux en s'amusant ! 

" Larry Crowne " parle des possibilités de se réinventer. Etre acteur a été votre seule option ?
J'ai travaillé pendant quelque temps comme groom dans un hôtel. Si j'avais persévéré, ma vie aurait été totalement différente. J'aurais grimpé les échelons, j'avais le tempérament pour aller jusqu'au management. Mais je suis content de ne pas avoir pris cette option-là ! J'ai toujours été acteur, et j'ai eu de la chance. Je serais aussi perdu que Larry Crowne si on me virait du show-business. Je n'ai jamais eu d'autre passion. 

Vous avez toujours cru dans votre destin de star de cinéma ?
Non, mais j'avais le désir suprême d'y arriver. J'en ai connu des plus doués que moi, mais qui n'ont jamais quitté leur quartier. Moi, j'étais prêt à tout pour un petit rôle et à faire des efforts. Par contre, je n'ai jamais cru que je deviendrais célèbre. Je suis d'ailleurs toujours stupéfait de vivre de ce métier, alors que j'ai vécu des moments où, avec deux enfants à charge et des factures à payer, je n'avais devant moi aucune audition à laquelle me rendre. Rien que de longues nuits blanches à me demander comment j'allais m'en sortir. 

Vous ne faites pas votre âge. Vous pratiquez un sport ?
Merci, j'accepte le compliment ! Pourtant, je ne bouge pas suffisamment et je ne mange pas toujours sainement. Mais je me réveille chaque matin de bonne humeur, je fiche la paix aux gens et peu de choses m'énervent. Ça doit être ça le secret de ma forme physique ! 

Votre anniversaire approche. Comment comptez-vous le fêter ?
Eh oui, j'aurai 55 ans le 9 juillet. Je vais laisser ma famille me rendre hommage toute la journée ! (Rires.) 

Comme d'habitude ?
Non ! Il n'y a qu’une seule autre occasion dans l'année où ça arrive, et c'est le jour de la fête des Pères. 

Avez-vous peur de vieillir ?
Non. Pour rien au monde, je ne voudrais revenir en arrière ! (Rires.) La crise de la cinquantaine décrite dans les films par le mec qui a tout mais qui est malheureux, je ne la connais pas. J'ai eu quatre enfants. Mon premier fils, Colin, est né lorsque j'avais 21 ans, et voilà que maintenant, je suis grand-père. Quelque chose de nouveau m'arrive constamment. Je n'ai pas encore eu le temps de m'ennuyer dans cette fabuleuse vie qu'est la mienne. Je ne me bats pas contre le temps, mais je profite à fond. J'espère seulement ne pas m'exploser le genou d'ici peu. (Rires.) 

Votre passion pour la Seconde Guerre mondiale vous a-t-elle conduit jusqu'en Belgique ?
Oui, à Bastogne, lorsque je faisais des recherches pour la réalisation de la minisérie " Frères d'armes ". Je me souviens de la belle place Saint-Pierre ainsi que des villages aux alentours. Nous nous sommes rendus sur les champs de bataille où les soldats américains se sont battus. A Foy, rien n'a changé, nous avons vu les tranchées dans les bois, les impacts des balles dans les murs et même un petit cimetière allemand. C'était particulièrement émouvant. Mais la prochaine fois que j’irai en Belgique, il faudra que j’arrête de penser à la guerre. Pour profiter des lieux, me mêler aux touristes et m’offrir quelques bons restaurants. (Rires.) 

Les gens vous ont-ils reconnu ?
Quand j'y étais, il faisait très froid, et il n'y avait pas grand monde. En plus, je portais la barbe pour le tournage de " Seul au monde ". On ne m'a donc pas vraiment reconnu. Les vétérans américains que je rencontre me parlent souvent de la chaleur avec laquelle ils sont accueillis en Belgique, alors qu'ici, on ne sait même pas ce qu'ils ont fait pour sauver le monde. La Belgique, c'est un pays extraordinaire !

Par Catherine Nitelet-Vedder

Source : Ciné Télé Revue